La donnée au cœur de la décarbonation du transport de marchandises.10 min

Vague

Face au défi majeur de la décarbonation, formalisé en France par les objectifs définis par la SNBC, les acteurs du transport de marchandises sont confrontés à la complexité inhérente de la donnée, ressource indispensable à tout projet d’optimisation de l’organisation. Aujourd’hui, ils peuvent néanmoins compter sur des solutions digitales de plus en plus performantes pour les accompagner.

Transport et environnement : de la prise de conscience à l’engagement concret.

La crise environnementale s’affiche comme le réel défi du siècle et le transport y a un rôle crucial à jouer. En France, il est en effet le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre avec 31 % des émissions nationales, dont les ¾ sont imputables au transport de marchandises qui, à lui seul, est responsable de 13% des émissions mondiales de GES.

En cause, l’explosion du e-commerce, particulièrement exacerbée pendant le confinement. Le e-commerce représente aujourd’hui en France plus de 14% du commerce de détail et les ventes de produits en ligne ont bondit de 7% par rapport à l’année 2020 (+42% par rapport à 2019 !).  En parallèle, les exigences clients se révèlent toujours plus hautes en matière de livraison. A l’heure où les grands acteurs du e-commerce -Amazon en tête, fixent désormais les standards de la qualité du marché, les consommateurs s’attendent à être livrés où ils le veulent, que ce soit sur leur lieu de travail ou dans leur appartement au 10ème étage (avec ou sans ascenseur), quand ils le veulent (sur rendez-vous, le dimanche, en soirée…), et de la manière dont ils le veulent (montage, installation, mise en fonctionnement, reprise d’anciens produits…).

Résultat : toujours plus de volumes à livrer et toujours plus de camions envoyés sur les routes et dans les villes. A titre d’exemple, dans une grande agglomération telle que la ville de Paris, 1 véhicule sur 5 circule pour livrer des produits. Le transport de marchandises y représente près de 50% de la consommation de diesel et est à l’origine de 25% des émissions de GES… (France nature Environnement).

Face à ce constat édifiant, la stratégie nationale bas carbone (SNBC), feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique, a fixé un objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Une ambition qui ne se réalisera pas sans une décarbonation totale du transport de marchandise à cet horizon.

La tâche s’annonce ardue. Face à ce défi, les donneurs d’ordres ont peu à peu pris conscience du rôle décisif qu’ils peuvent tenir. Le sujet s’impose ainsi de plus en plus comme un véritable enjeu chez les chargeurs, qui sont les mieux placés pour bénéficier d’une vue d’ensemble sur leurs transports. Ils ont en effet la main sur la majeure partie des leviers techniques qui doivent être mis en œuvre et peuvent inciter les transporteurs à accélérer la transition vers une organisation plus verte.

« Dans une grande agglomération telle que la ville de Paris, 1 véhicule sur 5 circule pour livrer des produits. Le transport de marchandises y représente près de 50% de la consommation de diesel et est à l’origine de 25% des émissions de GES. »

Il faut aussi dire qu’ils sont de plus en plus en capacité d’agir : les innovations technologiques leur apportent de plus en plus de possibilités concrètes, qui passeront forcement par la digitalisation de leurs organisations.

Les initiatives se multiplient d’ailleurs à leur endroit. On peut par exemple citer la démarche FRET21, qui a pour objectif d’inciter les chargeurs à mieux intégrer l’impact des transports dans leur stratégie de développement durable. Chaque entreprise volontaire signe un accord avec l’ADEME, porteur du projet, dans lequel elle précise un objectif de réduction des émissions de CO2 et s’engage à mettre des actions en place pour y parvenir.

Autre initiative notable, en février dernier, la FEVAD, avec l’appui du Ministère de l’Environnement et de la Transition Ecologique, rendait publique sa Charte d’engagements pour la réduction de l’impact environnemental du e-commerce, signée par plus de 30 grands acteurs du commerce en ligne. Elle rassemble 10 mesures concrètes organisées autour de 4 axes majeurs : l’information du consommateur, la réduction du volume d’emballages, une logistique respectueuse de l’environnement et un suivi clair de la mise en œuvre des engagements. 

Parmi ces engagements figure notamment l’obligation d’informer le consommateur de l’impact carbone des différentes options de livraison qui lui sont proposées. Côté consommateur, c’est en effet un élément qui compte de plus en plus dans la décision d’achat.

Un comportement responsable qui compte de plus en plus pour les clients et consommateurs.

La dimension écologique vient donc aussi s’ajouter aux attentes de « consomm-acteurs », qui sont de plus en plus nombreux à accorder de l’importance à ce facteur lors de leur décision d’achat. Une préoccupation qui tend à s’installer durablement dans les esprits, notamment pour les consommateurs issus de la jeune génération. Une étude réalisée par EY en 2021 montrait ainsi que 41% d’entre eux ont cessé d’acheter ou achètent moins auprès de marques qui ne semblent pas agir suffisamment en faveur de l’environnement (contre seulement 15% chez les plus âgés). 35% ont aussi payé plus cher pour des produits ou services avec des mentions éco-responsables sur les emballages ou dans les publicités (seulement 13% chez les plus âgés).

Le même document nous apprend également que 79% des consommateurs déclarent manquer d’une bonne information pour se décider à agir ou choisir en faveur du développement durable. Un enseignement qui nous renvoie à la mesure évoquée plus haut dans le cadre de la charte édité par la FEVAD.

Selon une autre étude conduite par la mission d’information du Sénat en 2021, plus de 85 % des personnes interrogées ont indiqué qu’une information concernant le niveau d’émission de GES serait susceptible d’avoir une incidence sur leur choix du mode de livraison. Ils sont par ailleurs 90 % à indiquer qu’elles seraient prêtes à choisir un mode de livraison lent si elles en avaient la possibilité.

Et c’est une tendance que l’on retrouve aussi en B2B. Les politiques d’achats responsables sont de plus en plus encouragées dans les entreprises, de plus les fournisseurs et prestataires doivent peu à peu intégrer cette nouvelle variable à leur culture et à leur offre de produit ou de service.

Plus que jamais, chargeurs et transporteurs doivent prendre en main cet enjeu majeur, au risque de perdre des clients au profit d’acteurs qui auront su se réinventer à l’aune de ce défi majeur qui doit fédérer le plus grand nombre.

Réinventer une activité transport plus verte. Mais comment ? Qu’elle soit pensée en interne ou en bénéficiant d’un encadrement (comme dans le cas de la démarche FRET21), le pilotage de la décarbonation du transport ne pourra se mener sans les bons outils, ne serait-ce que pour bénéficier d’une mesure fiable de l’empreinte carbone générée par le transport, qui est une base indispensable à toute ambition de décarbonation.

Un comportement responsable qui compte de plus en plus pour les clients et consommateurs.

Piloter la décarbonation du transport : de la nécessité d’un calcul fiable des émissions de GES.

Tout commence nécessairement par la donnée, mais encore faut-il être en capacité de la valoriser et c’est bien souvent là que le bât blesse.

Car pour pouvoir extraire toute la valeur de la donnée, il faut être en mesure de la rendre intelligible et actionnable. Une fois les données nécessaires identifiées, cela passe par un processus complexe de collecte et de traitement qui reste difficile à appréhender pour les équipes transport des entreprises (et auquel nous aurons l’occasion de nous intéresser plus en détail dans un article à venir).

La complexité est bien réelle, à la fois en termes de compétences techniques et d’organisation opérationnelle. La collecte et le traitement des données nécessaires au calcul des émissions restent ainsi associés à des taches chronophages, qui reposent le plus souvent sur des fichiers bruts et sur des outils datés, peu intuitifs. Un constat qui participe à freiner l’adhésion des différents services concernés par le projet, rebutés et bien souvent dépassés par son caractère fastidieux…

Pour avancer dans la même direction, les services Supply Chain et RSE doivent par ailleurs parvenir à établir un même langage de performance. Une ambition pas forcément aisée au vu de l’absence d’indicateurs de performances communs et de la méconnaissance mutuelle des différents métiers et expertises qui gravitent entre ces services.

Au final, la prédominance va au traitement et à la restitution, malheureusement bien souvent approximative et incomplète, au détriment de l’analyse et de la décision, qui constituent pourtant le cœur de l’expertise métier des équipes et la réelle valeur ajoutée d’une telle démarche.

Alors comment dépasser cette complexité ? Aujourd’hui les solutions technologiques et digitales telles que les plateformes d’analytique avancée permettent de rationnaliser et d’automatiser un calcul fiable des émissions associées à chaque envoi réalisé, quelle que soit sa nature ou son périmètre géographique.

La digitalisation, levier incontournable de la décarbonation du transport.

Car c’est bien une base sûre et exhaustive, intégrant l’ensemble des indicateurs qui participent à ce calcul, qui est le prérequis indispensable à toute ambition de diminution de l’empreinte carbone des entreprises. Pour aider leurs équipes dans cette optique, elles ne peuvent plus faire l’impasse sur les solutions digitales qui, une fois paramétrées et connectées à toutes les sources d’information nécessaires, qu’il s’agisse des systèmes d’information des chargeurs ou des transporteurs, vont totalement automatiser le traitement des données, indispensable pour extraire les enseignements qui constituent toute leur valeur. Une fois normalisées, homogénéisées et centralisées, l’ensemble des données peut être ainsi utilisé pour comparer facilement les organisations et identifier de façon précise les dérives et leurs causes racines.

« Aujourd’hui, quels que soient leurs enjeux, les entreprises ne peuvent plus viser juste sans l’acuité apportée par la donnée. La décarbonation du transport ne fait pas exception. »

En capitalisant sur les capacités d’analyses avancées offertes par ces nouveaux outils marché, il devient possible de tester chaque hypothèse d’amélioration et d’optimisation et de suivre l’impact des leviers actionnés. Dans une démarche prescriptive, certaines plateformes vont jusqu’à déployer des algorithmes d’intelligence artificielle pour automatiser la proposition autonome des plans d’actions les plus pertinents, ceux qui auront de façon certaine le plus d’impact sur l’empreinte carbone du transport. 

Aujourd’hui quels que soient leurs enjeux, les entreprises ne peuvent plus viser juste sans l’acuité apportée par la donnée. La décarbonation du transport ne fait pas exception. Sans outillage adéquat, leurs services transport et RSE sont comme aveugles et ne peuvent avancer qu’à tâtons. Pour piloter avec efficience la réduction de leur empreinte écologique, elles doivent parvenir à dépasser la complexité de l’analyse des données pour se concentrer sur ce qui a le plus de valeur ajoutée : la prise de décision éclairée et l’action concrète, data-driven.

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